Les Ombres - texte de Matias Grenn
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III,10 – au revoir les fantômes

Fantôme de Anatole – Et alors ? Il se passe quoi après ?

Fantôme de Camille – Oui, parce que là, on reste un peu sur notre faim... On ne sait même pas vraiment ce qui nous a tué.

Fantôme de Barbara – Ce qui se passe après ? J’en sais rien moi. Je crois juste qu’on n’a plus rien à faire. Et les tremblements, ça te servirait à quoi de savoir ?

Fantôme de Anatole – Donc là, on est comme dans un film, tu veux dire, juste avant le générique... ah, comment ça s’appelle déjà, quand tout finit bien ?

Fantôme de Didier – Le « Happy End », c’est ça que tu cherches... ?

Fantôme de Anatole – Oui, et nous on disparaît sur le générique.

Fantôme de Barbara – Où tu vois un générique là ? T’es vraiment con, des fois.

Fantôme de Camille – Mais non, au contraire, j’aimerais assez d’une fin avec Driss et Solenn qui s’embrassent...

Fantôme de Barbara - Ah ! Mais fermez vos gueules de guimauves dégoulinantes, merde ! On est pas au cinoche là, on est dans la vraie vie.

Fantôme de Camille – Dans la vraie mort, pour ce qui nous concerne...

Fantôme de Anatole - Ouais !

Fantôme de Camille – Et quitte à être des sortes de « fantômes », on peut quand même imaginer la fin qu’on veut...

Fantôme de Anatole – Même si j’aurais aimé savoir ce qui se passe après, comme assister au procès, savoir bêtement ce qui sera dit de nous, avoir les résultats des analyses des scientifiques...

Fantôme de Didier – Mais on s’en fout de ça, franchement. Le scandale, il est là, l’enquête se termine. Le reste, c’est que des longues procédures, des tas de paperasses, des interrogatoires interminables pour voir si tout se recoupe... L’histoire est finie, enfin ce qu’il y avait de palpitant. Ça faisait longtemps que je rêvais de vivre une telle enquête et de ne pas avoir à me taper tout le reste. Si j’avais su plus tôt...

Fantôme de Anatole – Tu te serais flingué ?

Fantôme de Didier – Non ! Justement. En fermant ma gueule, on m’a mis le nez dans la paperasse, si j’avais su plus tôt, jamais ce salaud ne serait devenu commissaire...

Fantôme de Barbara – En tous cas, ma vie était pourrie, et depuis que je suis morte...

Fantôme de Camille – Oui, cette enquête, c’était le pied.

Fantôme de Didier – Oui, bon, sur ce, on y va, car je ne sais pas pour vous, mais moi, je commence à avoir froid.

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