Les Ombres - texte de Matias Grenn

II,Épilogue 2

Dans le parking.
Presque deux heures plus tard.

Didier – Ah ! Commissaire !
Vous avez bien reçu mon message...

Le commissaire Ménard – Oui, sinon je ne serai pas là !
Qu’y a-t-il de si urgent et secret pour devoir se retrouver ici ?

Didier – C’est délicat.

Le commissaire Ménard – Mais encore.

Didier – Solenn...

Le commissaire Ménard – Oui, et bien accouchez !

Didier – Elle cherche où elle ne devrait pas...

Le commissaire Ménard – Et c’est vous qui me dites ça !

Didier – Pardon ?

Le commissaire Ménard – Vous me prenez pour qui ?
Vous croyez que je ne vois pas clair dans votre jeu !

Didier (Transpirant) – De quel jeu me parlez-vous ?
Je ne comprends pas

Le commissaire Ménard – Vous avez un micro, c’est ça ?

Didier – Non !
Regardez vous-même.
Je fais juste mon boulot et je ne veux pas de vague.
Je suis bientôt à la retraite,
J’ai pas envie de finir sur un scandale qui éclabousse mon service.
Vous ne croyez pas que j’ai assez donné de moi à la police peut-être !

Le commissaire Ménard – Gardez vos jérémiades pour vos collègues.
Je sais très bien que vous et Solenn menez une enquête en parallèle,
Une enquête où je serais un des principaux suspects,
Mais vous voyez, je suis venu,
Parce que vous êtes quand même une figure de la police.
Je n’allais quand même pas vous faire tuer par une petite merde de drogué,
Il y a des actes qui doivent être faits par ceux qui les commandent.

L’homme de l’ombre – Donc nous sommes là !
C’est un moment important vous savez.

Le commissaire Ménard – Vous allez être un des éléments qui va nous permettre d’étouffer cette affaire.

Didier – Je ne comprends pas ?
Qui êtes-vous ?
Je viens juste vous aider et vous,
Vous êtes pourris ?

Le commissaire Ménard – Ne jouez pas la surprise !
Notre dernière conversation dans le parking de la préfecture,
Elle n’était pas si innocente.

L’homme de l’ombre – Elle m’était destinée,
Pour que je vous imprime bien,
Ça facilite les démarches quand on met un visage et une allure sur un nom.

Solenn (son arme braquée devant et accompagnée de Julien en retrait) – Tout à fait d’accord avec vous !
Mettre un visage sur un nom, même si ce nom est un point d’interrogation,
Ça aide à y voir plus clair.

Driss (avec son arme tout aussi braquée et venant de l’autre côté) – Comme ça, tout le monde va pouvoir enfin se saluer.
Je ne vous imaginais pas comme ça (s’adressant à l’homme dans l’ombre).

L’homme de l’ombre – Vous n’avez jamais été un grand observateur,
Car je vous connais très bien.

Didier a lui aussi sorti son arme.

Solenn – Vous allez tous les deux poser votre arme.
Pas de geste brusque,
Nous sommes trois prêt à tirer...

Fantôme de Barbara – Mais qu’est-ce que tu fous ?

Fantôme de Camille – Moi je ne veux pas voir ça, je ne sais pas, c’est trop de stress...

Fantôme de Anatole – Tu te fous de nous ou quoi ?

Fantôme de Camille – Non !
Je sais, avant,
J’y serais, là, avec mon arme, prêt à tirer.
Même si je suis moins bon tireur que Driss, je me démerdais bien.
Mais là, je n’y arrive plus.
Vous n’avez qu’à me raconter ce qui se passe...

Fantôme de Barbara – J’hallucine !
Une vrai chochotte...

Fantôme de Anatole – Là, le commissaire et le patron ont déposé leurs armes par terre.
Ils reculent...

Fantôme de Barbara - Solenn, Julien et Driss se rapprochent et Solenn va pour passer les menottes au patron...

Fantôme de Camille – Arrête de dire patron, merde !
Je ne veux plus être complice.

Fantôme de Anatole – Tu veux qu’on te raconte, oui ou merde !

Fantôme de Barbara – Le patron en profite pour basculer sur Solenn...

Fantôme de Anatole – Putain ! Comment il a fait ça ?
Il a été rapide,
Et il tente de s’échapper, le salaud !
Il recule tenant Solenn, en braquant l’arme de Solenn qu’il a prise, vers les autres...

Fantôme de Camille – Non, pas elle !

On entend un premier coup de feu...

Fantôme de Barbara – Driss tire sur le patron...

Fantôme de Anatole – Lui aussi il est rapide,
Et le patron est touché, je crois.
Il a lâché Solenn.
Elle a rien !

Fantôme de Barbara – Et il s’engouffre dans un des escaliers du parking...

Fantôme de Camille – Vous avez dit quoi ?
Le coup de feu, je me suis bouché les oreilles...
Quelqu’un est mort ?

Fantôme de Barbara – Mais non, merde ! Suis un peu !
Le patron s’est tiré et est blessé, et Solenn a rien...

Fantôme de Anatole – Le commissaire en profite pour arracher l’arme des mains de Driss... (un autre coup de feu)
Il le blesse...

Fantôme de Barbara – Rien de grave, je pense. Driss a réussi, malgré tout, à s’échapper...

Fantôme de Anatole – Et déjà Julien et Solenn sont hors de portée !

Encore un coup de feu.

Fantôme de Barbara – Dans son élan, le commissaire tire sur le vieux flic qui tombe,
Une balle dans la tête...

Fantôme de Camille – Ah ! Vous voyez ! Comme j’avais dit...

Fantôme de Anatole – Oui, mais si tu ne te planquais pas comme ça,
On aurait pu peut-être le sauver...

Fantôme de Barbara – Je n’en suis pas certaine.

Fantôme de Camille – Mais qu’est-ce qu’il fait ?

Fantôme de Barbara – Il lâche l’arme, l’essuie, la pose par terre et récupère la sienne.

Fantôme de Anatole – Maintenant, il regarde autour de lui.

Fantôme de Camille – Oui, il vérifie qu’il est bien seul maintenant.
Il ne peut pas savoir que le photographe est là,
Juste à côté de moi.
En même temps, je l’ai protégé, voilà pourquoi je devais rester là.

Fantôme de Barbara – Hein ! De qui tu parles ?

Fantôme de Camille – Du photographe !

Fantôme de Anatole – Il appelle ses collègues...
Il dit qu’un membre des forces de l’ordre est à terre, inanimé...

Le commissaire Ménard – (Hurlant dans son téléphone) Je ne bouge pas mais dépêchez-vous bordel !

Répondre à cet article

Contrat Creative Commons | Mentions légales | SPIP | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 | logo sprechgesang SprechGesang.net