Les Ombres - texte de Matias Grenn

II,7 – Rencontre de fantômes

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Peu importe où puisqu’ils sont morts. Dans un café ou un restaurant chic. Dans un hammam. Dans un cinéma. Au milieu d’une route fréquentée. Ou encore place de la mairie.

Fantôme de Anatole – Ça se resserre maintenant. Il va falloir les faire agir, enfin essayer de les faire agir avec subtilité, on marche sur des œufs

Fantôme de Camille – De notre côté ça avance aussi. Le peintre a montré les tableaux au journaliste.

Fantôme de Barbara – Pour l’instant ça ne lui a pas réussi, il n’a pas dessaoulé depuis. J’essaie de lui dire de se reprendre, mais rien à faire. Déjà qu’il buvait pas mal avant, et depuis longtemps je pense, là il est out pour le moment. On ne peut pas compter sur lui.

Fantôme de Anatole – Continue de lui parler, il faudra qu’il revienne à son travail. Pour que ça marche, pour que tout s’écroule, on a besoin de son travail.

Fantôme de Camille – Quand vous parlez tous les deux, on a vraiment l’impression que vous êtes vivants, que vous pouvez agir. Mais moi, avec le peintre, je n’arrive à rien. Et avec sa femme non plus. J’espérais en apprendre un peu plus sur ces maudits tremblements. J’aimerais comprendre comment ce phénomène s’est payé ma tête.

Fantôme de Barbara – Mais, c’est presque de l’humour. Il aura fallu attendre que tu meurs pour commencer à ironiser.

Fantôme de Anatole – Si j’avais su plus tôt, je t’aurais tué moi-même.

Fantôme de Barbara – On peut peut-être laisser le peintre pour le moment, puisqu’il a montré les toiles, et s’occuper des autres. On retournera vers le peintre et sa femme plus tard, quand certaines connexions seront faites.

Fantôme de Anatole – Oui tu as sans doute raison. Mais bon, à peine mort et déjà en vacances...

Fantôme de Barbara – En vacances ! T’es vraiment con des fois. Non, Camille je te propose de suivre la jeune flic.

Fantôme de Camille – Tu veux me faire suivre une flic. Là c’est toi qui ironise !

Fantôme de Anatole – Je sais ça peut te sembler complètement dingue mais il faut que Driss et elle se rencontrent. Elle saura le protéger et lui l’aidera à avancer dans son enquête. Sans eux deux, ça ne marchera pas, le journaliste ne pourra jamais recueillir toutes les preuves.

Fantôme de Barbara – Et on sera mort pour rien

Fantôme de Camille – Je sais, mais suivre un flic, merde ! (Ils ressentent comme une vibration) Je le fais, je le fais, j’y vais.

Fantôme de Anatole – Franchement, il y a pire comme mission, elle est plutôt... comment on dit... canon pour un flic. Si tu veux on échange.

Fantôme de Camille – Non, si elle est canon, ça va me frustrer, mais ça me changera du peintre et de ses tableaux. Vivant ce que j’ai pu détester la peinture. J’avoue que mort, je la vois tout autrement, je deviens sensible.

Fantôme de Barbara – Humour, sensibilité, tu est presque plus humain mort que vivant.

Fantôme de Camille – C’est ça, fous toi de ma gueule !

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