Les Ombres - texte de Matias Grenn

II,5 – Driss

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Dans une voiture, sur une route. Elle s’arrête près d’un port, on entend des mouettes et la sirène d’un ferry. A la radio des infos parlent des corps retrouvés la tête explosée. « Après la découverte, à Rennes, de deux personnes, un homme et une femme, rue Saint Hélier, les oreilles en sang, le mystère de ces morts semblent s’épaissir avec la découverte, presque au même endroit, de deux autres personnes, victimes peut-être d’un tremblement puissant qui inquiète les autorités. Des témoins disent que leur tête avait explosé. Depuis l’assassinat du député maire Henri Jacques, la ville de Rennes est le lieu de plusieurs morts étranges, inexplicables, qui laissent les représentants de la Police sans voix. Ils ont juste déclaré, lors d’une conférence de presse, il y a quelques heures, qu’il n’y avait pas lieu de céder à la panique. Ces tremblements ne sont pas, a priori, lié à ces morts. Il semblerait en effet que ces morts soient liées au milieu du banditisme local, a reconnu à demi mot le porte parole de la Police Judiciaire de Rennes. »

Driss – Merde, merde, merde... il faut que je me barre le plus loin possible. Ce merdier, si je l’avais écouté, j’y serais encore, et il a été tué avec le chauffeur du patron. La tête éclatée, c’est de pire en pire. Ça va chier grave là.

Fantôme de Anatole – Il faut que tu en parles à la police, mais pas à n’importe qui, car il y a au moins trois ou quatre types qui ne sont pas fiables, crois-moi, et d’après ce que je sais depuis que je ne suis plus, ces types-là ont des postes assez importants.

Driss – Pourquoi je n’arrive pas à partir ?
Je m’en fous de ce journaliste...

Fantôme de Anatole – Ils ont essayé de t’utiliser puis de se débarrasser de toi. Si tu ne le fais pas pour les autres, fais-le au moins pour toi. Vengeance, vengeance, vengeance, vengeance, vengeance...

Driss – ...Je ne vais pas quand même me foutre au frais pendant des mois et les laisser agir comme ça. Je ne suis pas une merde qu’on balance. Ces salauds ont voulu me tuer...

Fantôme de Anatole – Il faut que ça se retourne contre eux

Driss – ...Je vais leur faire péter le tout à la gueule. Faut juste que je trouve comment. Le journaliste, voilà, il faut que je lui parle.

Fantôme de Anatole – Non pas le journaliste, mauvaise idée, ils le surveillent. Si tu t’approches de lui, vous êtes morts tous les deux, réfléchis bordel ! Putain ! S’il pouvait m’entendre là, ça serait quand même plus simple !

Driss – Mais ils doivent sûrement le surveiller, même après ça, surtout après ça. C’est trop risqué. Réfléchis bordel ! C’est maintenant. Ou je retourne ou je traverse la Manche.

Fantôme de Anatole – Un flic je te dis.

Driss – Je ne vais quand même pas aller à la police...
Je crois bien que l’inspecteur chargé de l’enquête est encore plus mouillé que moi.

Fantôme de Anatole – Je vais bien t’en trouver un de flic intègre.

Driss – Si j’y retourne, il faut que je me trouve une nouvelle planque, mais pas une planque qu’ils connaissent, une planque d’avant

Fantôme de Anatole – Va dans le quartier Italie, tu y seras protégé, si tu n’es pas encore mort des tremblements alors ce quartier te protégera, tu dois bien avoir une planque ou deux là-bas, tu y as vécu ton enfance non ?

Driss – Il ne me chercheront pas dans un endroit trop près de là où ça enquête. Près de l’entrepôt, il y a trop de planques à eux là-bas. Il me reste quartier Italie. Et là-bas je sais où me planquer.

Fantôme de Anatole – Bon je te laisse alors, j’ai des trucs à faire pour que ça marche. Planque-toi bien, j’arrive avec le nom d’un flic fiable. Et ça va barder. Tu vas nous venger ! (Il ressent comme une vibration lointaine) Non, OK, il va se venger, il va faire dérailler tout ça (Il ressent encore cette vibration lointaine) Il va permettre à la Justice humaine d’y voir plus clair. Ça va comme ça. Même mort il faut encore faire attention à ce qu’on dit.

Vue satellite du port maritime

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