Les Ombres - texte de Matias Grenn

II,20 – Appel au peintre

Julien – Aurais-tu par hasard le numéro d’Amin et de sa femme ?

Angèle – Oui je dois avoir ça quelque part,
S’ils n’ont pas encore déménagé.

Julien – Vu la maison et l’établi, je pense qu’ils y sont depuis un moment.

Angèle – Je l’espère.
Dans mon souvenir, c’était un bel endroit.
Voilà mon carnet,
Et le numéro.

Au téléphone

Amin – Allo ?

Julien – C’est Julien, le journaliste.

Amin – Oui, vous allez bien ?
J’étais très inquiet.

Julien – Oui, ça va,
Enfin, ça va mieux, merci.
Je vous appelle,
Je suis avec ma mère,
Elle vous remercie pour les tableaux,
Et...

Amin – C’est moi qui devrait m’excuser pour avoir été si long,
Et ne pas avoir donné de nouvelles.

Julien – Mais ce n’est pas pour ça que je vous appelle,
Est-ce que votre femme est là ?

Amin – Non, elle travaille encore.

Julien – Elle est toujours à Italie pour les tremblements ?

Amin – Oui. Enfin, pas elle directement, mais ses collègues y travaillent...

Julien – Pourriez-vous, de ma part, lui demander si le taux des cancers est important ?

Amin – Pas besoin de lui demander, elle me l’a dit.
Le taux est normal.

Julien – Parce que ma mère, qui souffre elle-même d’un cancer, m’a dit qu’il y avait de l’amiante dans certains immeubles de ce quartier,
Et qu’il était possible aussi que ces chiffres soient faux.

Amin – Ah !
Ça expliquerait certaines choses...
Mais ça n’explique pas les tremblements.

Julien – Non.
Mais il semblerait aussi que ces terrains aient une histoire un peu oubliée.

Amin – Et tout cela aurait un lien avec l’assassinat de votre père ?

Julien – Il était sur le point de tout balancer,
Mais pas uniquement l’amiante,
Il voulait balancer des noms.

Amin – Je lui en parle dès qu’elle arrive, et nous allons essayer d’avoir plus d’informations sur les cancers et sur les terrains.
Je pense qu’en allant aux archives, puis au cadastres, je devrais pouvoir trouver quelques renseignements.

Julien – Merci.

Amin – De rien.
Je me sens,
Nous nous sentons concernés.
Embrassez votre mère de notre part.

Julien – J’espère que ça ne va pas trop vous éloigner de votre peinture.

Amin – J’ai tellement de retard que ça attendra encore.
Et puis je travaille sur ce quartier.
Je le peins.
Si ça se trouve, je vais trouver dans mes recherches une piste,
Une manière particulière d’aborder ce quartier.
À bientôt.

Ils raccrochent

Julien – Il ne reste plus qu’à attendre.

Loïc – Et bien, en attendant, nous devrions appeler la lieutenant de police.
Maintenant que nous sommes à l’abri.

Julien – Tu as raison.
Mais,
Non c’est idiot,
Je me disais que si elle est dans le coup,
Nous allons nous faire avoir.
Mais pourquoi alors nous annoncer que nous sommes suivis pour ensuite...

Loïc – Si elle est du mauvais côté,
C’est un risque à prendre.
Car sans elle je ne vois pas comment faire,
À part continuer à fuir...

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