Les Ombres - texte de Matias Grenn

II,17 – Julien et loïc

En voiture...

Loïc – Je pense que sur cette route,
Si nous sommes suivis,
On le verra assez vite.

Julien – Oui ?
J’espère que tu as raison.

Loïc – Nous sommes restés cachés assez longtemps.

Julien – Je sais.
Ce n’était plus tenable.
Et de toute façon, avec la fête des mères,
Il fallait que j’aille la voir.

Loïc – Je parlais du chemin tout à l’heure.

Julien – Ah oui ?
Tout s’embrouille,
Nous y sommes restés longtemps ?

Loïc – Plus d’une heure mais tu as dormi.

Julien – Je suis complètement nase.
J’ai mal au ventre.
Même si je vomis moins.

Loïc – Je sais, ça fait beaucoup de chose à la fois,
Mais tu allais droit dans le mur.

Julien – Oui tu as raison.
Pas la peine d’y revenir...
Maintenant je stresse, mais je ne sais plus pourquoi,
Si c’est à cause de ceux qui nous suivent
Ou si je redoute ce que ma mère a à me dire.

Loïc – Je stresse aussi.
Cette affaire me met mal à l’aise.
Et je crois que ce que ta mère doit te dire,
Je crois que c’est important.
De toute façon, même si ça ne nous éclaire pas,
Ça concerne ton passé,
L’histoire entre ta mère et ton père.
C’est important ça que ça te sorte de la tête,
Que ça ne t’occupe pas trop l’esprit en ce moment.
Plus vite elle te le dira,
Plus vite nous pourrons retourner là-bas, et résoudre cette affaire.

Julien – Résoudre carrément...
Tu es optimiste.

Loïc – Avec le flic, la flic
Ah, je ne sais pas comment on dit pour une femme...

Julien – Pour faire bien, tu dis le grade.

Loïc – Sur la feuille, c’était lieutenant.

Julien – Tu ne crois pas qu’on devrait s’arrêter encore dans un chemin.
J’aimerais pas que ces types débarquent chez ma mère pour y faire un carnage.

Loïc – OK.
Au prochain chemin un peu planqué, je nous y gare.
Mais en même temps, il n’y a personne dans le rétro.

Julien – En fait, j’ai comme l’impression qu’ils ont mis un mouchard sur la voiture.

Loïc – Sur ma voiture ce serait possible...
Mais cette voiture de location,
Prise au hasard,
Ils seraient forts quand même.

Julien – Ils donnent cette impression là.
Ils ont quand même tué un député maire.

La voiture ralentit et avance lentement sur un chemin d’abord, avec des graviers, puis en terre. Manœuvre de demi-tour, pour se mettre face à la route et observer, extinction du moteur.

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