Les Ombres - texte de Matias Grenn

I Épilogue

En voiture

Camille – Vas-y, jusqu’à cette adresse
Et quand je te dis, tu ralentis.
Faut que je puisse l’atteindre à la tête
Et on n’a pas le droit à l’erreur.

Enrique – Je sais déjà où et qui
Tu n’as qu’à tirer,
Alors si tu pouvais éviter ton baratin !
J’étais pas censé conduire là...
Je ne suis là que parce qu’il n’a plus confiance en vous deux.

Camille – Pas de ma faute si ce con s’est bourré la gueule.
La mort des deux autres
Surtout leurs cadavres
Je ne sais pas pourquoi
Ça l’a déprimé
Il était pas comme ça avant.

Enrique – Ta gueule !
Je veux plus t’entendre.
On va arriver
Prépare-toi et fais ce que tu as à faire.

La voiture ralentit, mais au même moment un bruit sourd monte doucement, s’amplifie jusqu’à l’insupportable. Les deux hommes perdent le contrôle, se tiennent la tête dans les mains et la voiture s’encastre dans un réverbère, pas loin du journaliste.

Julien – Merde ! (Il court jusqu’à la voiture, et plus il approche plus le son est insupportable. Il s’arrête et appelle les pompiers)
Allo !
Oui
Un accident
Oui il y a encore un de ces tremblements de terre
Une voiture
Je n’arrive pas à m’en approcher
Rue St Hélier
Je n’arrive pas à voir combien de personnes dans la voiture
Quel numéro ? Je ne sais pas
Non, plus haut, juste après le pont de la voie ferrée
Avant l’église
Ah ! les tremblements viennent de s’arrêter
Je m’approche de la voiture
Apparemment deux personnes
Mais c’est horrible
Leurs têtes ont explosé !

Fantôme de Barbara – Ces tremblements tuent de mieux en mieux.
Tu n’as pas souffert autant que nous.

Fantôme de Camille – Quoi ! C’est quoi ce bordel !
Tu es morte ?
Qu’est-ce que tu fous là ?

Fantôme de Barbara – Tu es mort aussi.
Et maintenant, tu as des choses à faire.

Fantôme de Camille – Et l’autre ?
Tu ne vas pas me dire que ce salaud s’en sort ?
Il allait se débarrasser de moi ensuite.

Fantôme de Barbara – De toi et de Driss. Oui, c’était dans son programme
Mais les tremblements en ont décidé autrement.
Il est mort, tu n’as plus à t’en occuper.

Fantôme de Camille – Et…

Fantôme de Barbara – Rassure-toi, il a changé de planque.

Fantôme de Camille – Il ne m’a pas attendu...

Fantôme de Barbara – De toute façon, tu ne serais jamais rentré.

Fantôme de Camille – C’est quoi ce plan,
C’est une blague ?
Je ne suis pas mort !

Fantôme de Barbara – Si tu veux, va vérifier dans la voiture
Mais à ta place, je n’irais pas.
Ça fait un choc de voir son corps.
Et puis, il va falloir que tu te mettes à la peinture...
Car je ne peux pas suivre le journaliste et le peintre en même temps.

Fantôme de Camille – Un peintre ? Quel peintre ? Qu’est-ce qu’un peintre vient faire dans cette histoire... ?

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