Les Ombres - texte de Matias Grenn

I,4 – Premiers contacts

Julien – Bonjour, veuillez m’excuser, auriez-vous un peu de temps, je voulais savoir ce qui s’est passé ?

Un habitant – Vous n’avez pas suivi les infos ou quoi ? On a retrouvé le corps du maire, là où il y a tout le monde. Ils regardent ça comme s’il y avait quoique ce soit de vérité, comme si on allait comprendre quelque chose en regardant des lignes blanches par terre et les marques des traces de sang.

Julien – Vous avez vu quelque chose ?

Un habitant – Je l’ai déjà dit aux flics, je n’ai rien vu, le matin quand je suis descendu, les flics étaient déjà là, et je n’ai rien entendu de particulier. Vous savez la nuit, c’est parfois bruyant ici, on s’habitue et on dort malgré le bruit. Les voitures, les mobylettes, les pétards, s’il fallait s’alarmer à chaque fois, on ne dormirait jamais. La seule chose que je peux vous dire, c’est que le maire avait une balle dans la tête, c’est un type qui n’habite pas loin qui me l’a dit. Lui, il fait partie de ceux qui l’ont trouvé avant l’arrivée des flics. Il a vu la tête et le sang.

Julien – Et le tremblement de terre de tout à l’heure…

Un habitant – C’est pas un tremblement de terre, la ville a déjà fait venir des sismologues, et ils savent pas ce que c’est.

Julien – C’est dangereux ?

Un habitant – Ils disent que non, mais à chaque fois, moi, j’ai des frissons.

Julien – Et ça dure depuis longtemps ?

Un habitant – Au moins trois ans, et de plus en plus souvent. Les sismologues, ils sont venus il y a quelques mois, d’ailleurs l’appartement là, il y en a deux qui y sont régulièrement, pour continuer à observer.

Julien – Et on le ressent dans toute la ville ?

Un habitant – Au début non, mais si les sismologues sont là, c’est que ça commençait à faire peur à des quartiers mieux fréquentés qu’ici, vous me suivez.

Julien – Oui, tout à fait, j’ai vécu ici, dans l’immeuble là, au premier, avec ma mère.

Un habitant – Moi ça fait cinq ans que je vis ici, avant j’étais au nord de la ville mais j’ai voulu changer, pour le métro.

Julien – J’imagine que ça a changé le quartier.

Un habitant – Surtout la population qui change, plus jeune, des étudiants aussi. Mais bon, ces immeubles sont et resteront laids, y’a pas à dire.

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