Les Ombres - texte de Matias Grenn

I,19 - L’entrepôt

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Entrepôt – route de Lorient

Julien – (il crie) Il y a quelqu’un ? (pour lui-même) Ça caille, c’est lugubre, et je ne sais même pas ce que je viens faire ici. (Il sort une flasque et boit une gorgée) Il n’y a rien, pas de traces de sang, d’impact de balles, et même si il y en avait, je ne serais pas capable de les trouver.

Un homme dans l’ombre – Il a été tué ici, précisément, à deux pas sur votre gauche.

Julien – Si je comprends bien, c’est un piège ?

Un homme dans l’ombre – Pas exactement, vous n’allez pas mourir.

Julien – Ah ouf, vous me soulagez d’un poids.

Un homme dans l’ombre – Gardez votre humour pour vos proches
Si je vous ai fait venir, c’est pour révéler ce que je sais
Et... j’apprécie votre sang froid
J’en connais qui auraient hurlé.

Julien – J’ai presque hurlé !

Un homme dans l’ombre – Mais vous n’avez pas si peur de mourir
Je vous ai sous-estimé.

Julien – Oui, parce qu’en plus vous m’espionnez depuis un moment.

Un homme dans l’ombre – J’ai suivi tout votre parcours.

Julien – Et vous allez aussi me révéler que vous êtes mon père, manque plus que les épées laser et un décor futuriste.

Un homme dans l’ombre – Non, je ne suis pas votre père, et je ne suis pas en mesure de vous dire qui il est.
Ce que je peux vous dire
Il y a un lien entre l’assassinat du député maire et les deux morts de l’arrêt de bus.

Julien – Une guerre ouverte entre la politique et le milieu ?

Un homme dans l’ombre – Pas exactement.
Une bataille pour dissimuler un drame lié à l’enquête
La commission parlementaire
Vous suivez ?

Julien – Oui et non.

Un homme dans l’ombre – Vous trouverez.
Il y a de quoi faire un beau scandale.

Julien – Et quel est votre intérêt ?

Un homme dans l’ombre – Je vois que votre réputation n’est pas exagérée.

Julien – Vous n’êtes pas vraiment un témoin du coup de feu…
Qui êtes-vous ?

Un homme dans l’ombre – Nous nous reverrons.
Alors peut-être pourrais-je continuer.
A bientôt, Julien. (Il part sans que Julien s’en rende compte.)

Julien – Pourquoi moi ?
Hé ! Ho !
Et merde !
En plus, j’ai même pas d’appareil photo.

Il ressort de sa poche la flasque et il boit à nouveau une rasade.

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