Les Ombres - texte de Matias Grenn

I,17 – Les tueurs

Driss – Écoute, moi je me tire, ça devient bizarre.

Camille – Je sais, mais attends un peu, sinon le patron ne va pas apprécier, et tu sais ce que ça veut dire.

Driss – Qu’il va me percer les oreilles...

Camille – Mais non, t’es con, c’est pas lui, c’est pas sa manière, et il aurait pas laissé les corps.

Driss – Je ne sais pas.
S’il voulait que le scandale éclate
Alors si, il fallait bien que la police retrouve les corps,
Le corps du maire d’abord,
Les corps des deux autres.

Camille – Admettons, il les a fait buter.
Mais ils auraient une balle dans la tête, pas « ça ».

Driss – C’est parce que tu manques d’imagination.

Camille – Tu déconnes.

Driss – Il veut que ça fasse un peu étrange, troublant. Tu me dis qu’il veut qu’une partie de tout ça soit dévoilé ? Là, ça va faire enquêter autant les flics que les journalistes, mais jamais ils n’arriveront à tout comprendre.

Camille – C’est un peu tordu, qu’il puisse profiter de cette situation, il n’y a pas de doutes, mais de là à la provoquer, non.

Driss – Mais, si c’était le cas... La mort du maire c’est lui, il a tout déclenché...

Camille – Si c’était le cas, je ne serais plus là. Je serais soit déjà mort, soit à l’étranger.

Driss – Non, je ne crois pas. S’ils trouvaient ton corps, il ne leur faudrait pas longtemps pour faire le lien avec une partie du puzzle… Il a besoin de toi, et ça l’arrange qu’on se cache. J’attends encore quelques jours, mais franchement, on serait mieux ailleurs.

Camille – Peut-être que oui. Et en effet, il a encore besoin de nous.

Driss – Pour le journaliste ?

Camille – Oui. Il peut le faire suivre, mais si ça va trop loin, il aura besoin de nos services. Ses hommes ne pourraient pas se mouiller dans un meurtre.

Driss – Là, pour le coup, le beau scandale !

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