Les Ombres - texte de Matias Grenn
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I,13 – Julien et le photographe

A la porte de l’hôtel, ou encore à la terrasse d’un café

Julien – D’ici pour aller à Italie ?

Loïc – Tu prends le métro.
Je ne vais quand même pas prendre la voiture alors que tu y seras plus vite arrivé en métro !

Julien – Ok.
J’y vais alors.

Sons de station, métro arrivant, ouverture porte, fermeture porte, etc. du centre jusqu’à Italie. Julien ne dit rien, mais écoute les conversations.

Jezabel – Tu te rends compte, ils ont trouvé son corps en bas de l’immeuble.

Amin – Je sais. Mais ce n’est pas comme si c’était à côté de chez nous.

Jezabel – Tu sais bien ce que je veux dire.

Amin – Oui, mais ce ne sont que des coïncidences.
On y vivait quand on était en fac, ça fait un bail.

Jezabel – Oui.
Mais je ne pensais pas à nous.

Amin – Tu veux dire, pourquoi y est-il retourné ?

Jezabel – Qu’est-il revenu faire par-là, en bas de cet immeuble justement, par nostalgie tu crois ?

Amin – Nous, nous n’y allons pas par nostalgie.

Jezabel – J’y travaille et tu m’accompagnes par curiosité.

Amin – Oui.
Ça m’intrigue
Mais, comme je n’ai pas de réponse,
Ni pour expliquer la présence de son corps
Ni pour expliquer ma soudaine curiosité...
J’y vais peut-être aussi pour faire quelques croquis,
Ça m’apaise.

Jezabel – Ça m’intrigue aussi.
Comme si je n’avais pas assez avec ces tremblements
Il fallait que le passé de ce quartier se réveille...
(Temps)
Il ne venait quand même pas la revoir,
Ce n’est pas possible !

Amin – Non, il sait très bien qu’elle n’y vit plus.
Elle est partie depuis quelques années déjà.
Il n’allait plus la voir depuis longtemps.
Il y allait peut-être pour des raisons proche des tiennes ?

Jezabel – En pleine nuit ? Et puis, il était maire, pas scientifique, il n’y connaît rien.

Amin – Oui, mais tu sais, comme il faisait partie d’un groupe de parlementaires chargé de réfléchir sur l’environnement...

Jezabel – Que ces immeubles soient, comment dire... un échec architectural, d’accord, mais de là à menacer l’environnement !

Amin – On ne sait pas, des déchets radioactifs cachés sous les fondations... ?

Jezabel – Arrête, tes déchets, ils seraient là depuis la fin des années soixante, on aurait eu un taux de cancers effroyable dans tout le quartier !

Amin – Que veux-tu, je ne suis pas scientifique moi !

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